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Assurance invalidité

Incapacité de travail : l'AI répond réadaptation, pas rente

L'Office fédéral des assurances sociales a publié le 27 juillet le bilan des mesures de réadaptation professionnelle de l'AI pour 2025. La loi pose que la réadaptation prime la rente : avant d'examiner un droit à la rente, l'assurance cherche à ramener la personne vers l'emploi. Les chiffres disent avec quelle probabilité cela réussit.

Par Elio Brunet Lecture : 3 minutes 3 sources citées Chiffres arrêtés au 31 décembre 2025
Atelier de formation professionnelle avec un poste de travail et des outils, dans un centre suisse

Ce qu'il faut retenir

  • Environ 61 000 personnes ont participé à des mesures de réadaptation professionnelle de l'AI en 2025, pour un coût de 979 millions de francs. Trois fois plus qu'en 2008.
  • Sur plus de 41 000 parcours achevés : 47 % ont trouvé un emploi sur le marché primaire, 17 % sont aptes à travailler sans avoir trouvé d'emploi, et 34 % pour qui la réadaptation n'était pas ou pas encore possible.
  • Les maladies psychiques sont la première cause, à 55 % des bénéficiaires, et 64 % chez les adolescents et jeunes adultes.

Ce que l’OFAS a publié le 27 juillet

Environ 61 000 personnes ont participé à des mesures de réadaptation professionnelle de l’assurance-invalidité en 2025, soit 3 300 de plus qu’en 2024 et un peu plus de trois fois plus qu’en 2008. Le coût de ces mesures atteint 979 millions de francs, contre 892 millions l’année précédente, dont 64 % pour les seules mesures d’ordre professionnel.

Sur cet ensemble, 37 000 personnes ont perçu des indemnités journalières, pour un total de 780 millions de francs.

Plus de 41 000 personnes ont mené un parcours de réadaptation à son terme en 2025. Environ 19 200 d’entre elles, soit 47 %, ont trouvé un emploi sur le marché primaire du travail. Environ 7 000, soit 17 %, sont à nouveau en mesure de travailler sur ce marché sans avoir encore trouvé d’emploi. Et environ 14 900, soit 34 %, relèvent de situations où une réadaptation professionnelle n’était pas ou pas encore possible.

Le principe que ces chiffres rendent visible

La loi pose que la réadaptation prime la rente. Concrètement, l’AI n’examine un droit à la rente qu’une fois les possibilités de retour à l’emploi épuisées. Ce n’est pas une pratique administrative, c’est l’ordre légal des étapes.

Pour quelqu’un qui se demande ce qu’il touchera s’il ne peut plus travailler, la réponse officielle n’est donc pas « une rente », mais « un parcours ». Les chiffres 2025 disent qu’à l’issue de ce parcours, un peu moins d’une fois sur deux la personne a retrouvé un emploi, et une fois sur trois la réadaptation n’a pas abouti.

Le suivi à un an complète le tableau. Sur les quelque 23 000 personnes ayant achevé un parcours en 2023, environ 13 600, soit 58 %, percevaient un revenu sans toucher de rente un an plus tard, contre 46 % pour la cohorte précédente.

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Ce que la statistique dit des causes

En 2025, les maladies psychiques sont la première cause d’invalidité chez les bénéficiaires de mesures, à 55 %. Suivent les maladies des os et de l’appareil locomoteur à 14 %, les infirmités congénitales à 12 % et les accidents à 8 %. La répartition est stable par rapport à 2024.

Chez les adolescents et les jeunes adultes, la concentration est plus marquée encore : 64 % de maladies psychiques et 26 % d’infirmités congénitales.

La tendance longue mérite d’être citée telle que le rapport l’écrit : le nombre de premières demandes de réadaptation professionnelle ou de rente a augmenté de 58,83 % depuis 2008, passant de 40 427 à 64 211 en 2024. La hausse dépasse le doublement chez les moins de 35 ans et atteint 39,5 % chez les plus âgés. Rapporté à la population, le taux de premières demandes progresse de 40,44 %.

Ce que le rapport ne dit pas

Trois manques doivent être signalés, parce qu’ils empêchent des raccourcis fréquents.

Le document ne contient aucun chiffre de revenu : ni le salaire retrouvé après réadaptation, ni la perte subie pendant le parcours, ni un quelconque taux de remplacement. Personne ne peut donc écrire, sur cette base, combien de francs il manque à une personne en incapacité de travail.

Il ne donne pas non plus de durée moyenne de parcours, ni de délai entre le dépôt de la demande et la décision de l’AI.

Enfin, il porte sur les mesures de réadaptation, pas sur les nouvelles rentes AI. Les montants de rente, les degrés d’invalidité et les conditions d’octroi ne s’y trouvent pas.

Ce que ça implique pour une couverture privée

Le lien avec une assurance privée est un raisonnement, pas une conclusion de l’OFAS, qui ne parle ni du deuxième ni du troisième pilier dans ce rapport. Il vaut d’être posé quand même.

Une couverture d’incapacité de gain souscrite à titre privé intervient sur deux terrains que ces chiffres éclairent. D’abord la période intermédiaire, celle du parcours de réadaptation, dont ni la durée ni le niveau de revenu ne sont documentés ici. Ensuite la situation des 34 % pour qui la réadaptation n’était pas ou pas encore possible, une population dont le rapport ne suit pas le devenir.

C’est précisément la raison pour laquelle une garantie perte de gain se lit sur ses délais d’attente et sur sa définition de l’incapacité, pas sur le montant affiché. Le contrat d’assurance vie qui la porte se juge sur ces deux clauses avant tout le reste.

Vos questions

Si je ne peux plus travailler, l'AI me verse-t-elle une rente tout de suite ?

Non. Le principe légal est que la réadaptation prime la rente : le droit à une rente n'est examiné qu'une fois les possibilités de réadaptation professionnelle épuisées. En 2025, plus de 41 000 personnes ont mené un parcours de réadaptation à son terme.

Quelle est la probabilité de retrouver un emploi ?

Sur les parcours achevés en 2025, 47 % ont débouché sur un emploi sur le marché primaire du travail. 17 % concernaient des personnes redevenues aptes à travailler mais sans emploi trouvé, et 34 % des situations où la réadaptation n'était pas ou pas encore possible.

Combien de temps dure un parcours de réadaptation ?

Le rapport de l'OFAS ne publie ni durée moyenne de parcours, ni délai entre la demande et la décision. Ces données ne figurent pas dans le document, et aucune durée ne peut donc être avancée sur cette base.

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